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Christophe Audebert

Digixo Passion Photo : Quel est le parcours qui vous a amené à la photographie ?

 

Christophe Audebert : Après une carrière de 20 ans comme responsable marketing communication, j'ai décidé de conjuguer ma passion pour la photo avec le monde des entreprises et de passer pro il y a 12 ans. Le déclic s'est fait avec un prestataire photographe que je faisais travailler et qui est devenu un ami. Mon activité de photographe corporate s'est bien développée et maintenant je consacre de plus en plus de temps à la photographie artistique.

 

DPP : Quel est votre matériel photo fétiche ?

 

CA : J'utilise 2 Canon 5D mark III avec les optiques fixes Canon comme le 100mm macro et le 85mm pour les portraits et parfois le fish eye 15mm, ainsi que des zooms série L: 16-35mm, 24-70mm et 70-200mm. Lors de reportages corporate, j'aime bien utiliser un harnais pour soulager le dos. J'y accroche les 2 boitiers avec sur l'un le 16-35mm et sur l'autre le 70-200mm. Ceci me permet de travailler sans changer d'optique et de couvrir toutes les situations: plans serrés et larges. Je suis également un adepte du trépied lors de conditions de faibles lumières et pour les poses longues.

 

DPP : Vous êtes un professionnel chevronné de la photo corporate. Du portrait à la photo de produits en passant par l'événementiel, aucun pan de la vie d'entreprise ne vous échappe. Quels sont les principales difficultés auxquelles vous devez faire le plus souvent face? Et votre expérience en la matière vous a-t'elle permis de faire d'autres avancées sur d'autres types de photo?

 

CA : La connaissance du milieu des entreprises est aussi important que la compétence photographique. Je citerais 3 difficultés principales : 1) Répondre aux besoins des clients et ne pas chercher à faire des photos pour se faire plaisir. Par exemple, lors d'un cocktail même si le Président d'une société n'aime pas être pris en photo, je sais que ces photos seront privilégiées en communication interne. A moi de trouver des situations pour faire poser le Président seul ou avec des invités. 2) Les lumières en entreprise sont souvent difficiles : faibles intensités ou contre jour derrière un baie vitrée, ou encore reflets dans des parois métalliques... 3) Etre très disponible et mobile: conférence de presse tôt le matin, soirée tard le soir, événement un dimanche. Dans ma tête je suis disponible 7 jours sur 7. Il faut prendre le travail quand il est là. La polyvalence de la photo corporate fait que je suis à même de couvrir pratiquement toutes les situations pour des photos personnelles. Savoir observer avant de déclencher est une règle très précieuse.

 

DPP : Votre approche photographique met souvent en lumière des paysages où le flou prend une place plus qu'importante. On observe facilement une maîtrise de cet effet très marqué, que vous vous êtes totalement approprié. Quelles sont vos méthodes de travail pour obtenir ce rendu? Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui s'essaye à la tâche?

 

CA : Deux de mes séries récentes font appel au flou: Ville-brations et Endless waters. Dans les deux cas, j'utilise la technique ICM : Intentional Camera Movement, qui consiste à bouger l'appareil photo pendant quelques secondes avec un dosage particulier. Le rendu est aléatoire et crée un mystère car le sujet devient parfois abstrait. Celui qui s'essaie à cette approche devra d'abord être créatif et motivé. Comme souvent, la réussite passera par la maitrise de la lumière et de la composition. Savoir pré-visualiser le résultat est aussi un atout essentiel.

 

DPP : Nombreuses sont les photos que vous avez prises de la mer, ou encore où l'eau est omniprésente comme à Venise par exemple. En dehors de la beauté de la chose, y'a-t'il une origine particulière d'où vous vienne cette fascination pour les paysages marins?

 

CA : Habitant la région parisienne, je fais beaucoup de photos en milieu urbain. Aller prendre l'air au bord de la mer est devenu une échappatoire nécessaire pour se vider l'esprit. La Normandie ou la Bretagne sont vite accessibles de Paris. Il se passe toujours quelque chose d'intéressant dans les paysages marins pour un photographe : lumières changeantes, marées, ciels dramatiques...

 

DPP : Dans le cadre de l'entreprise, vous êtes entre autres amené à faire de la photo d'architecture intérieure comme extérieure. Mais vous êtes également amené à faire de la photo de produits, de reportages industriels ou d'événements, ou encore du portrait bien sûr. Y'a-t'il une facette de la photo corporate que vous aimez tout particulièrement? Si oui, pourquoi?

 

CA : J'adore le reportage et l'architecture, mais j'ai une préférence pour le portrait en entreprise. C'est la discipline la plus difficile car l'humain entre en jeu. En général, la première chose que me dit un Directeur est : "Je n'aime pas être pris en photo." ou, "Je ne suis pas photogénique".  Il faut alors tout faire pour le décontracter et l'amener à se "livrer" un peu face à l'appareil. C'est un défi, que j'aime relever, grâce entre autres à mon relationnel considéré par mon entourage comme aisé et sympatique. Le portrait, c'est 20% de technique photo et 80% de relation humaine, voire de psychologie.

 

DPP : Vous avez travaillé pour les entreprises les plus prestigieuses de leur secteur. Chacun d'entre eux a-t'il ses propres codes en termes de communication corporate, ou vous adaptez-vous au cas par cas?

 

CA : Effectivement, chaque entreprise a ses codes et ses règles : Le photographe doit être souple et s'adapter à chaque contexte. Il doit être parfois directif, parfois accommodant. Se renseigner sur internet sur l'entreprise avant le shooting est un travail indispensable, autant qu'une discussion avec le Responsable de la Commnication pour bien connaitre ses attentes photographiques.

 

DPP : Pour revenir sur votre travail du flou, vous obtenez des clichés parfois proches de l'impressionisme. Est-ce pur hasard, ou cet art pictural vous a-t'il inspiré?

 

CA : Cette approche est née lors d'un séjour à Venise, ville archi photographiée. Mon objectif était de développer une démarche personnelle et différenciante. Après quelques tentatives diverses, c'est le flou de bouger qui m'a permis de transfigurer les paysages vénitiens, avec un rendu proche de la peinture. Idem avec les paysages marins. Les aquarelles de William Turner et les toiles de Claude Monet sont également des sources d'inspiration.

 

DPP : Les photos que vous obtenez ont souvent des couleurs particulièrement vives, et un rendu presque surréaliste. Comment "dosez-vous" le travail de post-production pour avoir de tels résultats? Avez-vous une idée bien précise de ce que vous voulez avoir in fine dès la prise de vue?

 

CA : Bonne question ! Comme je l'ai dit, savoir pré-visualiser à la prise de vue est la clé de ce travail, mais ce n'est pas si simple, et des erreurs arrivent souvent. La technique du flou de bouger produit environ 80% du rendu "surréaliste". La post-production est là seulement pour affiner le contraste et les couleurs que j'aime assez vives.

 

DPP : Quels sont vos projets prévus pour 2016?

Après Venise et New York, je vais commencer le 3ème volet de la série Ville-brations": à Paris cette fois-ci ! Et comme j'aime conduire plusieurs projets en même temps, les séries Liquid Time et Endless waters vont être complétées par des paysages très différents: l'Islande. Deux semaines avec un ami photographe allemand sont déjà planifiées en mai. Une immersion photographique excitante.

 

 

 

DPP : Pouvez-vous choisir 5 photos qui caractérisent au mieux votre style, et nous les commenter?

 

Photo 1 : La photo corporate montre un cocktail. Le dynamisme de l'image est obtenu par une prise de vue en plongée qui tranche de la vue classique au sol et par une pose lente (1/4 de seconde) qui révèle une scène a priori pas si statique.

 

Photo 2 : La skyline de New York est une pose longue de 4 minutes sur trépied, qui a pour effet de lisser la surface de l'East River et de montrer le déplacement des nuages. Le choix d'une météo nuageuse et un repérage pour trouver le meilleur point de vue sont essentiels.

 

Photo 3 : Les gratte-ciel de New York ont été photographiés du sommet du Rockfeller Center avec un bougé de l'appareil. C'est une interprétation personnelle du stress véhiculé par la métropole newyorkaise: bruits, lumières, vibrations...


Photo 4 : Curieusement la même technique appliquée à Venise apporte douceur et calme à cette image du Grand Canal. Le choix d'éléments verticaux dans la composition est primordial et les couleurs vives des bâches sur les gondoles (jaune et bleu) et des pieux bleus apporte de la gaieté. En plein jour, l'utilisation d'un filtre gris neutre ( 6 à 10 stops) pour bloquer un peu l'intensité lumineuse est requis pour avoir une pose de quelques secondes.

 

Photo 5 : Même filtre pour la photo de la page prise en Irlande à marée basse. L'idée est de jouer avec les 3 éléments (terre, mer et ciel) du rivage pour créer un fondu et un rendu quasi abstrait.

Pour ces 5 photos, très peu de post production, car j'essaie d'obtenir le résultat au maximum à la prise de vue.

 

Retrouvez le portfolio professionnel de Christophe Audebert sur :

www.audebertphoto.com

Ainsi que des séries entières de ses photos avec son site personnel sur :

www.christopheaudebert.com

 

Dernière mise à jour le 28/12/2016  (LD)

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